Militaires en Côte-d'Ivoire

Colonel Eric Burgaud - Côte-d'Ivoire

Côte-d'Ivoire - Eric Burgaud

21/12/2012- Témoignage d'un Lt-Cel er
"Nul ne peut se sentir, à la fois, responsable et désespéré" - Saint-Exupéry - Pilote de Guerre.

20/12/2012- Témoignage de soutien
Je doute de la capacité du politique à définir à l'avenir, un cadre d'engagement acceptable pour les soldats, protecteur en terme de droit et sécurité, évitant les drames Mahé, Turquoise ou Sebrenica...

20/12/2012- Témoignage de l'Amiral (2S) Pierre-François Forissier
Vous êtes un homme d'honneur comme on aimerait que soient tous nos officiers. Votre dignité dans l'épreuve fait notre admiration. Je vous salue avec respect et amitié.

11/12/2012- Témoignage d'un soldat des TDM
Une chape de plomb sur le sommet et un bouc émissaire pour la galerie. Les exemples foisonnent au fil des nombreux conflits auxquels nos Armées ont toujours répondu dans l'Honneur.

11/12/2012- Témoignage de soutien
Soutien à vous, monsieur et à vos hommes engagés dans ce combat pour retrouver la dignité, dignité qui à mes yeux vous n'avez perdue. RESPECTUEUSEMENT.

09/12/2012- Procès Mahé : un militaire acquitté, trois autres condamnés avec sursis
"On n'est pas des salauds". C'est par ces mots qu'Eric Burgaud, ancien colonel des chasseurs alpins, a brièvement...

08/12/2012- Affaire Firmin Mahé : pourquoi la Cour d'assises a bien jugé les 4 militaires accusés de meurtre
La Cour d'assises de Paris a prononcé vendredi un acquittement et de la prison avec sursis pour les quatre militaires français accusés du meurtre de Firmin Mahé, un Ivoirien soupçonné d'être un bandit de grand chemin. C'est la première fois dans l'histoire judiciaire que des militaires français étaient jugés par une Cour d'assises de droit commun.

07/12/2012- La défense plaide l'humanité des soldats
Un fil rouge relie le "petit gradé" Ben Youssouf, pilote de blindé, le brigadier Schnier, son alter ego du 4e Régiment de chasseurs, l'adjudant-chef...

Colonel Eric Burgaud

A l'heure où quatre militaires français doivent comparaître devant la cour d'assises de Paris dans l'affaire Mahé, dont le colonel Eric Burgaud, un retour sur les grandes lignes du conflit ivoirien, s'impose. En effet cette affaire faisant suite aux événements de novembre 2004, avec la mort des soldats français à Bouaké et les émeutes d'Abidjan, on est en droit de se poser la question suivante :

Quel soutien la France accorde-t-elle à ses militaires dans les conflits politico-militaires où ils sont engagés ?

mardi 18 décembre 2018

Procès Mahé : un militaire acquitté, trois autres condamnés avec sursis

"On n'est pas des salauds". C'est par ces mots qu'Eric Burgaud, ancien colonel des chasseurs alpins, a brièvement commenté le verdict que venait de rendre vendredi 7 décembre la cour d'assises de Paris pour le meurtre de Firmin Mahé, par des soldats de la force Licorne, en Côte d'Ivoire, en mai 2005. Le colonel Burgaud a été reconnu coupable d'avoir donné l'ordre qui a conduit à la mort du bandit de grand chemin Mahé, achevé dans un blindé de la force Licorne, sur la route de Man, le 13 mai 2005 au soir, après avoir été blessé le matin par les soldats français. Il a été condamné à une peine de cinq ans d'emprisonnement avec sursis.

"Eric Burgaud a clairement admis que l'ordre de rouler doucement signifiait que Firmin Mahé n'arrive pas vivant à Man. Il a indiqué à l'audience vouloir assumer avec dignité cet ordre (...) qui constitue bien l'ordre d'exécuter M.Mahé", disent les motivations de la cour, lues par son président Olivier Leurent. "Qu'il ait pu recevoir un ordre du général Henri Poncet [commandant Licorne] n'est pas de nature à écarter sa responsabilité pénale. Le colonel Burgaud a pleinement adhéré à cette instruction au motif qu'elle lui paraissait légitime au regard de la situation", les coupeurs de route semant alors les cadavres dans la région en toute impunité.

"Il a maintenu à l'audience la légitimité de cet solution radicale. En dépit des difficultés réelles rencontrées par les militaires français, la cour d'assises considère que rien ne pouvait justifier qu'un homme blessé et ligoté soit étouffé avec un sac poubelle, même au nom de la protection des populations civiles".

L'adjudant-chef Guy Raugel, reconnu coupable d'avoir volontairement donné la mort à Mahé en l'étouffant sous un sac poubelle, a été condamné à quatre ans de prison avec sursis. Il "a toujours reconnu, avec une indéniable franchise, avoir volontairement étouffé Firmin Mahé, alors menotté dans le dos et gravement blessé à la jambe. L'ordre, manifestement illégal, ne saurait caractériser une contrainte irrésistible au sens de l'article 122-2 du code pénal. L'adjudant-chef était un officier expérimenté, parfaitement entraîné et préparé à affronter les situations de crise ", dit la cour. Pour qui cela "a été un choix réfléchi et délibéré". Selon le jury populaire, "le respect de la hiérarchie militaire ne peut justifier qu'un militaire supprime un homme blessé et ligoté".

Le brigadier-chef Johannès Schnier a été condamné à un an d'emprisonnement avec sursis pour avoir facilité le crime en relevant Mahé allongé dans le blindé pour aider Raugel. Il "a toujours admis avoir, à la demande de l'adjudant-chef Raugel, tenu Mahé par les épaules (...)", poursuit le président Leurent. "S'il n'avait pas d'information sur l'objectif poursuivi, il n'a pas contesté qu'il avait parfaitement compris l'intention homicide de son supérieur " et il a eu selon la cour le temps de réfléchir car "cette assistance dans le meurtre de Firmin Mahé a duré plusieurs minutes". Pour lui aussi, la cour refuse d'admettre la contrainte. Schnier était selon elle expérimenté et n'était "nullement en situation de stress ou de danger".

Celui qui conduisait le blindé, Lianrifou Ben Youssouf, "a toujours contesté avoir pu se rendre compte", estime la cour. Il portait un casque, il faisait nuit, le bruit règnait dans le véhicule. Lui est acquitté.

"DÉTRESSE DES MILITAIRES"

La cour d'assises de Paris adresse ainsi un message clair aux soldats : rien ne saurait justifier des actes criminels, quelle que soit la contrainte des opérations de guerre. Mais, souligne l'avocat du colonel Burgaud, Me Alexis Gublin, "elle a entendu la détresse des militaires à qui la France a fait vivre leur mission dans des conditions abominables".

Le message vaut pour l'avenir. Après l'Afghanistan, où seront demain envoyées les forces françaises, que l'exécutif ne veut employer que sous mandat de l'ONU ? En 2005, l'opération extérieure de Côte d'Ivoire était une "opex" impossible. La force Licorne était censée venir en appui de l'ONU c'est l'inverse qui s'est produit. Mais sans aucuns moyens, en réalité, d'accomplir la mission fixée par la résolution 1528 de protéger les populations.

SCÈNES DE CRIMES QUOTIDIENNES

Son cadre a été longuement décrit dans les débats de la cour d'assises. Le sentiment d'impuissance des militaires. Les règles d'ouverture du feu, ubuesque – elles ont été déclassifiées pour l'occasion. Les scènes de crimes quotidiennes sur l'axe nord-sud de la zone de confiance, cette zone tampon qui séparait les forces rebelles du nord des forces fidèles au président Gbagbo au sud. Les massacres qui ont été un "point de bascule" pour le colonel, et qui, sept ans après, ont encore coupé la voix de militaires, en pleurs à la barre.

La tension, présente encore jusque dans la salle des assises, quand des Ivoiriens ont menacé le témoin Adèle Dito, 65 ans, réfugiée en France, l'ancienne maire adjointe de Bangolo, venue dire qu'elle avait "passé le boubou au cou de monsieur Raugel" le jour de son départ, pour le remercier de l'action de ses hommes en faveur de la sécurité de la région. Ainsi se justifie le sursis accordé. "Les militaires ont gravement porté atteinte aux valeurs de la République française", disent les motivations de la cour. "Toutefois, la complexité de la situation de la zone de confiance, les limites imposées à l'action de la force Licorne, l'impuissance de l'ONU en Côte d'Ivoire et de ses forces de police, les scènes de crimes auxquelles assistaient les militaires, constituent des circonstances exceptionnelles qui, au regard de l'engagement sans faille dans leur mission, est de nature à atténuer leur responsabilité".

Ni les généraux, ni les responsables politiques n'ont répondu du meurtre de Firmin Mahé. Mais justice a été rendue aux quatre accusés, qui se sont tous sentis douloureusement lâchés dans cette affaire.

Voir l'article complet sur le site du Monde

Opération Licorne - Colonel Eric Burgaud

Détail des tensions ethniques

Globalement, la Côte d'Ivoire comporte 2 types de populations, la région ouest ne déroge pas à cette généralité.

Au sud, les populations endogènes et historiques sont représentées par 2 ethnies principales : les Guéré et les Bété.
Ces populations sont proches du pouvoir de Laurent Gbagbo, lui-même Bété. Ces populations sont majoritairement de religion catholique (sans qu'aucune revendication religieuse soit mise en avant dans un conflit principalement politique).

Au nord, les populations allogènes, souvent arrivées des pays du nord (Burkina-Fasso et Mali) au cours de la période faste de la Côte d'Ivoire, sous le mandat d'Houphouët Boigny. On les appelle génériquement les Yacouba ; elles sont majoritairement musulmanes.

Deux sujets de discorde séparent ces populations :

  • L'Ivoirité, qui a notamment écarté pendant les premières années de crise Alassane Ouatarra de la candidature aux élections,
  • La question de la propriété des terres ; promises par Houphoët Boigny à ceux qui les cultivaient depuis plus de 30 ans, cette promesse a été dénoncée par Laurent Gbagbo.

Entre ces deux populations, on trouve des guerriers traditionnels, les dozos.

La zone de confiance dans la partie ouest correspond assez précisemment à la ligne de confrontation historique de ces deux groupes ethniques. A cela s'ajoute la proximité du Libéria qui a fourni aux deux camps un certain nombre de mercenaires, d'enfants soldats, de milices dont certaines sont encore installées dans cette région en 2005.

Les événements de Bouaké
Le 6 novembre 2004, neuf soldats français des Forces « Licorne » sont tués à Bouaké en Côte d'Ivoire. Ils étaient venus dans le cadre d'une mission de paix. Tombés sous le feu des roquettes lâchées par deux avions de chasse sukhoï 25 de l'armée du Président Gbagbo. L'attaque fait également une quarantaine de blessés dans le camp français. Trois ans après le drame, les familles des militaires tués désespèrent de savoir un jour la vérité, malgré l'enquête minutieuse menée par la juge d'instruction, Brigitte Raynaud. Des zones d'ombres apparaissent dans cette enquête, notamment le peu d'entrain des autorités françaises à arrêter et interroger les pilotes des deux avions. Pour la première fois, trois de ces familles ont décidé de parler. L'équipe de « Pièces à Conviction » a recueilli leurs témoignages. Beaucoup de questions posées et autant d'éléments de réponse dans ce reportage exceptionnel

Conflit Ivoirien :
Trois grandes composantes armées sont en présence sur le territoire ivoirien :

  • Les forces de l'État de Côte d'Ivoire :
    • les Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (FANCI) qui sont les forces officielles, également appelées loyalistes, constituées et équipées pour l'essentiel depuis l'indépendance du pays en 1960.
    • L'État bénéficie de l'appui des Jeunes patriotes, groupe nationaliste. Issu, comme Guillaume Soro, de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (FESCI), Charles Blé Goudé, le chef des « Jeunes patriotes » est acquis à la politique du président Laurent Gbagbo.
  • Les forces rebelles :
    • les Forces armées des forces nouvelles (FAFN), qui sont les forces de la rébellion, tiennent 60 % du pays, avec environ 7 000 hommes armés (chiffre variable, en fonction des va-et-vient d'une partie de ces hommes avec le Libéria) constituées et équipées pour l'essentiel depuis le début de la crise en 2002. Le mouvement rebelle a pu émerger et prendre autant d'importance avec le climat politique insoutenable qui suit l'élection contestée de Gbagbo en 2000, notamment à cause du concept d'ivoirité et des tentations xénophobes qui exclut tout un panel de la population de la vie politique. Ainsi, le mouvement rebelle est concentré dans le nord et vers les frontières du pays, là où l'on retrouve une grande part d'étrangers. Le mouvement rebelle est aussi apparu en contestation d'abus et de discriminations menés par la police et les gendarmes.
    • Elles sont renforcées par des supplétifs ivoiriens et non ivoiriens dont de nombreux chasseurs traditionnels (Dozo).
  • Les forces de maintien de la paix :
    • les forces de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) ,
    • les forces françaises : le 43e BIMa et les troupes envoyées dans le cadre de l'opération Licorne et sous mandat de l'ONU (Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire), soit 3 000 hommes en février 2003 et 4 600 en novembre 2004,
    • les soldats de la CEDEAO (Communauté Economique Des Etats de l'Afrique de l'Ouest), les Casques blancs (Brigade de surveillance du cessez-le-feu de la CEDEAO), eux aussi sous mandat de l'ONU.

Les origines du conflit ivorien.

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