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Le problème des coupeurs de routes
Le reportage sur les coupeurs de route (Journal de TF1)
En 2005, une équipe de journalistes envoyée par TF1 en Côte d'Ivoire a rencontré les soldats français de l'opération Licorne pour faire une reportage sur le problème des coupeurs de route et comment les forces françaises interviennent.
La menace des "coupeurs de route" pèse sur le plan de paix

Dans la réalité des missions du GTIA2, il n'est pas facile de bien identifier qui sont les forces rebelles, ou pro-Gbagbo des coupeurs de routes ou des partisans étrangers infiltrés comme dans l'attaque de Logoualé.

 

"Coupeur de route" est le nom donné en Afrique noire aux bandits de grand chemin.
Cette forme de banditisme extrêmement violente trouve son explication dans le fait que les richesses transitent sur les routes au milieu d’une population très pauvre : c'est sur les routes que sont les richesses et c’est donc sur et autour des routes que les bandits mènent leurs exactions et leur brigandage.
En République de Côte-d'Ivoire, qui est riche en ressources minières (or et diamant) et en ressources naturelles comme le cacao, le café et le bois, le phénomène des coupeurs de route est historique et la guerre civile lui a permis de s’intensifier davantage compte tenu de l'effondrement de l'ordre public.
La "zone de confiance" est particulièrement ciblée par ces bandits du fait de l’absence de statut juridique qui l'entoure. De facto cette zone de confiance est une zone de non-droit.
L'ordre public devait y être assuré par un contingent de policiers internationaux (CIVPOL) qui avait été créé par les accords de Marcoussis. Malheureusement, ce contingent de police n'a pas de mandat d'Officier de Police Judiciaire (OPJ), c’est-à-dire qu’il n’a ni la capacité d'enquêter, ni celle d'établir une procédure ; de surcroit, ses membres ne sont pas armés. Naturellement, ces policiers ont peur, se mettent en retrait et refusent tout simplement d'être implantés dans la zone de confiance où surviennent les problèmes.

Le banditisme des coupeurs de route génère une insécurité importante en entravant la liberté de circulation des biens et des personnes, essentielle pour la survie économique et sociale des populations civiles qui se retrouvent impuissantes et comme prises en otage dans la zone de confiance. Les coupeurs de route s'attaquent essentiellement aux voitures et aux taxis pour piller les passagers, et aux camions de transport pour s'approprier leurs marchandises.
Dans la partie ouest de la Côte-d'Ivoire, c'est le cacao qui est essentiellement visé. Cette richesse de la région est cultivée par les ethnies du nord – les allogènes non-ivoiriens de souche, qui sont rangés du côté de la rébellion.
Ainsi, dans cette partie de la Côte-d’Ivoire, la plupart des actions des coupeurs de routes, qui se revendiquent du camp présidentiel, visent à la fois le cacao et les allogènes qui le cultivent ou qui le transportent depuis le Nord. Transporteurs en provenance du Nord et coupeurs de route sont ici ethniquement opposés.

Par leurs actions, les coupeurs de route nuisent sur deux plans :

  • Ils portent gravement atteinte aux flux économiques servant la rébellion et terrorisent les ethnies qui s’en réclament. Qu’ils soient instrumentalisés par le clan Gbagbo est évident, ils contribuent aux actions de guerre contre les rebelles du Nord pour le bénéfice direct du Sud.
  • Ils servent aussi de moyen de pouvoir puisque le clan Gbagbo cherche alors à prendre, pour s’enrichir à titre personnel, le contrôle de filières économiques lucratives à l’échelle de la région (les filières de cacao et d’élevage de volaille étaient particulièrement visées).

En plus du problème économique et de la déstabilisation de la zone de confiance, une insécurité ethnique croissante rend la situation de plus en plus alarmante. Tout cela devient insupportable au cours du premier et second semestre 2005 pour les belligérants du Nord qui menacent de rentrer dans la zone de confiance et d’intervenir eux-mêmes pour rétablir la sécurité "puisque les forces internationales n'y parviennent pas".

Face à cette menace de fin de la zone de confiance et donc de reprise de la guerre entre Nord et Sud – NB : le même scénario s'est passé en République Centrafricaine – la mission de police et de maintien de l'ordre public devient une nécessité de premier ordre afin que la situation ne dégénère pas. Il ne peut donc y avoir qu’une force armée pour arrêter les coupeurs de route et sauver la paix.

Repérage des zones d'exactions où sévissent les coupeurs de route via les caméras thermiques des hélicoptères de la force Licorne

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Bravo et courage, Eric, tu es dans le bon camp, celui de la dignité et de l'honneur des officiers.

Monsieur Eric Desgrées du Lou