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Affaire Firmin Mahé : pourquoi la Cour d'assises a bien jugé les 4 militaires accusés de meurtre

Samedi 8 décembre 2012

Affaire Firmin Mahé : pourquoi la Cour d'assises a bien jugé les 4 militaires accusés du meurtre d'un Ivoirien

C'est la justice qui est passée.

Pas à chaud, pas comme les intermittents, ou pire les absents, du procès, le commentent pourtant.

Avec minutie, de 9h du matin chaque jour jusqu'à la nuit tombée chaque soir. Six jurés et trois juges, quatre accusés, quatre avocats sur les bancs de la défense, un avocat général et la partie civile ont débattu, ont analysé les quelques milliers de cotes de ce dossier extraordinaire au sens premier du terme puisque c'est la première fois dans l'histoire judiciaire que des militaires français étaient jugés par une Cour d'assises de droit commun.

Quand vous commettez un délit ou un crime, il y a toujours un contexte, il y a une personnalité des auteurs comme de la victime, il y des circonstances. Et au-delà même de ces circonstances, il y a ce qu'on pourrait appeler des méta-circonstances, qui font que parfois même vous ne pouvez pas être condamné : l'état de nécessité, le commandement de l'ordre légitime, la contrainte. C'est la loi. C'est comme ça.
Ça n'est pas strictement ainsi qu'a jugé la Cour d'assises de Paris mais ça l'a été pourtant pour une grande partie.

Après avoir visionné des dizaines de photographies de massacres commis par ce qu'on appelaient les coupeurs de route : des femmes enceintes éventrées, des bébés démembrés, des vieillards découpés, toujours les moins rapides à se sauver, les plus faibles en somme ; après avoir entendu certains Ivoiriens eux-mêmes raconter la guerre et ses horreurs ; après avoir constaté l'impuissance inouïe des forces de l'Onuci parce que sans mandat clair ni moyen.

Après en avoir délibéré dans le secret de leur conscience, ces juges et jurés ont déclaré coupables trois des quatre accusés. Coupables ! Ça n'est pas rien tout de même. Ça veut dire en clair : vous n'aviez pas le droit. C'est dit et c'est important, parce qu'il n'a jamais été soutenu par quiconque tout au long de ces audiences que ce qui avait été fait par ces militaires était bien. C'est même tout le contraire. Un vrai soldat n'aime pas donner la mort, il n'y éprouve aucun plaisir, il n'en a même pas l'envie. C'est la différence fondamentale entre le soldat et le bourreau, entre l'homme d'honneur et le mercenaire. Ce n'est donc pas un blanc-seing à nos militaires qui a été délivré par la Cour d'assises de Paris.

Simplement, et ni plus ni moins que dans tout procès, il a été tenu compte de ce foutu contexte. Il est triple.

Un contexte de contrainte d'abord : nous sommes à l'armée dont la structure même est la soumission aux ordres comme un conditionnement. L'ordre était illégal, l'était-il manifestement comme le demande la loi ?

Un contexte de légitime défense ensuite : nous sommes une poignée de mois après le bombardement de Bouaké qui fit 9 morts parmi les militaires français et les massacres sont quotidiens au sein des populations civiles dont la Force Licorne a justement la mission de protéger.

Un contexte d'état de nécessité enfin : la preuve a été rapportée qu'après la mort de Mahé les exactions terribles qui étaient commises ont cessé dans la zone de confiance.

C'est cet ensemble qu'a mis en jugement et dans sa balance la Cour d'assises. Et si ce jugement fait du bruit c'est d'abord et avant tout parce que le bruit de la guerre c'est le bruit de la mort, comme le disait André Malraux, de celles de ces milliers de morts dans cette guerre civile ivoirienne.

Oublier ce contexte, faire fi de ces circonstances c'est ne pas vouloir pleinement comprendre pour juger. C'est heureusement ce que la Cour d'assises n'a pas voulu faire et elle a bien jugé.

Me Morain défendait l'un des militaires qui était jugé par la Cour d'assises. Ce dernier a été acquitté. Me Morain demande désormais sa réintégration dans l'armée de terre, à un poste et grade équivalents.

Voir l'article complet sur le site d'Atlantico

Eric Morain - Atlantico

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