côte-d'ivoire offensive gouvernementale

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Au début du mois de novembre 2004, le cessez-le-feu de dix-huit mois entre le gouvernement de Côte d’Ivoire et les rebelles basés au nord, ainsi que l

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Côte-d'Ivoire - Offensive gouvernementale en novembre 2004

Jeudi 5 mai 2005

L’offensive gouvernementale en novembre 2004

Au début du mois de novembre 2004, le cessez-le-feu de dix-huit mois entre le gouvernement de Côte d’Ivoire et les rebelles basés au nord, ainsi que le processus de paix entamé au même moment, ont été rompus lorsque l’aviation ivoirienne a opéré des bombardements sur les principales villes tenues par les rebelles, de Bouaké, Korhogo Vavoua et Séguéla.

Deux jours d’attaques aériennes ivoiriennes ont fait au moins 55 victimes civiles et beaucoup plus de blessés. Après que neuf soldats français aient été tués au cours d’un raid aérien ivoirien sur Bouaké, la France a riposté en détruisant la minuscule force aérienne nationale. Lorsque de violentes émeutes anti-Français ont éclaté à Abidjan, les forces françaises se sont redéployées sur Abidjan pour protéger les citoyens et les propriétés françaises, enlevant aux Nations Unies une grande part de leur capacité à réagir rapidement.

La rupture du cessez-le-feu a déclenché deux sortes de violences. Les premières dans la campagne entre groupes indigènes et personnes venues de l’extérieur –Dioulas et immigrés. Les deuxièmes à Abidjan contre les Français en particulier et les résidents non-Africains en général.

L’offensive du gouvernement a ravivé les violences entre communautés dans la région occidentale de Gagnoa, région natale du Président Gbagbo. La région – coeur de l’industrie nationale vitale du cacao et du café – est une poudrière. Les conflits entre les indigènes Beté et les groupes immigrés tels que les ouvriers des plantations Burkinabé sur la propriété de la terre et sur les ressources sont courants. Ces conflits sont exacerbés par le déclin économique du pays. Pendant la nuit du 6 novembre 2004, des groupes de jeunes gens se désignant eux-mêmes comme des « patriotes » ont pillé des boutiques appartenant en majorité à des Dioulas et des Africains non-Ivoiriens à Gagnoa. D’après des défenseurs des droits humains qui se trouvaient à ce moment-là à Gagnoa, la police ivoirienne n’est pas intervenue pour faire cesser les pillages ni pour arrêter les personnes impliquées.

Les Burkinabé et d’autres se sont organisés en groupes d’autodéfense. Dans les affrontements qui ont suivi, des défenseurs ivoiriens des droits humains ont signalé dix victimes, dont huit au moins étaient des immigrés, et trente-trois blessés. Les fonctionnaires locaux ont estimé le bilan des victimes à six. La crise de novembre 2004 a montré qu’une offensive militaire soutenue sur plusieurs fronts est un défi extrême pour la capacité des forces françaises et des Nations Unies à fournir une protection à leur propre personnel, leurs citoyens et leurs bases, ainsi qu’aux civils de Côte d’Ivoire qui se retrouvent en danger imminent d’être attaqués.

Pendant la crise, aussi bien les forces françaises que celles des Nations Unies positionnées dans le nord et l’ouest se sont rapidement déplacées sur Abidjan pour offrir aux civils qui s’y trouvaient l’attention dont ils avaient grand besoin. Cependant, ce-faisant, elles ont laissé les civils vivant dans ces zones à la merci de la violence des groupes armés et au cours de heurts antérieurs entre communautés, vulnérables aux attaques. Les forces françaises se sont concentrées en priorité sur la protection des civils français et d’autres étrangers qui étaient attaqués par les milices pro-gouvernementales. Ceci a privé l’UNOCI d’armement lourd et d’une force de réaction rapide dont l’intervention aurait été nécessaire si des tirs éclataient simultanément dans plusieurs endroits et pour évacuer les civils hors des zones de conflit. "Novembre a montré que Licorne n’était pas notre force de réaction rapide. Ils se sont déployés pour protéger les Français et d’autres ressortissants étrangers à Abidjan," a observé le commandant des forces de l’UNOCI, le Major-Général Abdoulaye Fall.

Pendant ce temps, l’UNOCI avait retiré 600 hommes de la zone tampon en novembre pour protéger ses installations à Abidjan. Celles-ci s’étendent sur six sites dans la ville, ce qui les rend difficiles à défendre. Fall a constaté cette faiblesse au sein de ses propres forces ainsi que des problèmes logistiques qui les exacerbaient. "La deuxième leçon c’est que nous non plus ne sommes pas assez forts. Nous avons dû envoyer des soldats pour protéger nos sites dans la région d’Abidjan," a déclaré Fall.

Tandis qu’environ 2000 personnes envahissaient les camps de l’UNOCI à Abidjan cherchant à se protéger pendant les émeutes --et certains sont restés plusieurs semaines-- les soldats étaient trop occupés à protéger leurs installations, pour pouvoir faire grand chose d’autre. Par exemple, il a fallu plusieurs jours à l’UNOCI avant de pouvoir effectuer des patrouilles régulières dans les quartiers d’Abidjan et de l’ouest qui sont lourdement peuplés de groupes vulnérables, essentiellement des personnes venues du nord du pays, des musulmans et des immigrés Ouest-Africains qui sont fréquemment la cible des attaques des milices pro-gouvernementales, qui les accusent de soutenir la rébellion installée dans le nord du pays. "Notre capacité à protéger les personnes extérieures est limitée. Les Français sont ici pour s’occuper surtout des Français. Il y a des Africains étrangers, des Libanais et d’autres qui seraient vulnérables à nouveau," a déclaré un fonctionnaire supérieur des Nations Unies. "Si nous avions une explosion grave de violence entre  communautés à Abidjan et si cela impliquait des militaires ou des éléments criminels, nous n’aurions pas la capacité de les contrôler. C’est un véritable souci," a ajouté le fonctionnaire.

Human Rights Watch - Human Rights Watch - 5 mai 2005

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