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Le site www.armees.com retranscrit un article du journal Le Monde sur la suspension du général Poncet et des autres militaires impliqués dans l'affair

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Général Poncet : une suspension qui secoue l’armée

Mercredi 19 octobre 2005

C’est le genre d’affaire que les armées préféreraient de beaucoup pouvoir régler en leur sein. Sauf que cette fois-ci les faits, qui se sont déroulés en Côte d’Ivoire, sont graves, et rarissimes dans leurs conséquences : ils ont entraîné la suspension de leurs fonctions d’un chef de corps, le colonel Eric Burgaud, du général de corps d’armée Henri Poncet, qui commandait les 4 000 soldats français de l’opération "Licorne" jusqu’à cet été, et d’un sous-officier.

Le ministère de la défense a rendu public un communiqué, dans la soirée de lundi 17 octobre 2005, expliquant que les autorités militaires ont recueilli des informations "faisant peser un doute sur les circonstances particulières dans lesquelles serait survenu, en mai, le décès d’un Ivoirien appréhendé par des militaires français, après avoir commis à plusieurs reprises des crimes sur les populations civiles dans la zone de confiance" .
Celle-ci sépare la Côte d ’Ivoire en deux parties : le Sud-Est, contrôlé par les Forces armées nationales ivoiriennes (Fanci) du président Laurent Gbagbo, et le Nord, aux mains des "rebelles" commandés par Guillaume Soro. "Ces informations, poursuit le communiqué, différant de celles dont il avait été fait état à l’époque, ont été immédiatement transmises au procureur de la République, conformément aux prescriptions de l’article 40 du code de procédure pénale."

Une enquête de commandement a été parallèlement ordonnée, a précisé le ministère français de la défense, qui souligne que certains éléments recueillis dans le cadre de cette enquête font apparaître "des manquements graves à la loi, aux règlements militaires et aux ordres. Il est en particulier établi qu’il n’a pas été rendu compte, à l’époque, des faits aujourd’hui mis au jour".
Au-delà de la sécheresse de cette information officielle et autant que les faits puissent être établis à ce stade, le 13 mai, une patrouille de la force "Licorne" aurait "localisé" le chef d’une bande de "coupeurs de routes" dénommé Mahé, à quelque 10 kilomètres de Bangolo (dans l’ouest de la Côte d ’Ivoire).
L’int éressé, qui était recherché pour une série d’exactions perpétrées au mois d’avril (5 morts, 9 blessés et 4 viols), aurait réussi cependant à prendre le large. Un dispositif de recherche aurait été mis en place, et Mahé aurait été de nouveau repéré en fin de journée. Il aurait ouvert le feu en direction des soldats de "Licorne", qui auraient riposté. "Grièvement blessé" , il aurait été évacué vers le poste de secours de Bangolo.
Selon un communiqué du 17 mai diffusé par "Licorne", "les premiers soins d’urgence lui sont dispensés. Il décède des suites de ses blessures pendant son transfert au CHU - centre hospitalier - de Man".

ENQUÊTE DE COMMANDEMENT
Ce sont bien sûr les conditions de cet affrontement qui posent problème. Ce n’est que le 11 octobre que les autorités militaires, par le biais d’une "rumeur" , ont appris que le compte-rendu de cet événement transmis à l’état-major des armées était sujet à caution.
Les circonstances de l’incident, se borne-t-on à indiquer au ministère de la défense, sont "non éclaircies". L’enquête de commandement ouverte par l’Inspection des forces en opérations et de la défense du territoire (Ifodt) devrait être conclue d’ici à la fin de la semaine. Elle statuera sur les responsabilités du commandement, mais non sur la culpabilité éventuelle des trois militaires incriminés, qui relève désormais des autorités judiciaires. "Sans préjudice des suites pénales qui pourraient être données à cette affaire" , le ministère de la défense a décidé "de suspendre de leurs fonctions actuelles le sous-officier commandant la section - dont l’identité n’a pas été révélée - qui a procédé à l’interpellation, son chef de corps et le commandant du dispositif "Licorne" de l’époque" .
Le colonel Burgaud commande aujourd ’hui le 13e bataillon de chasseurs alpins de Chambéry. Le général Henri Poncet, qui a été remplac é à la tête de "Licorne" par le général Elrick Irastorza, a été affecté en juillet au commandement de la région militaire (terre) Sud-Ouest, à Bordeaux. S
uspendus de leurs fonctions (ce qui ne veut pas dire qu’ils soient, à ce stade, relevés de leur commandement), les deux officiers sont désormais remplacés par des adjoints dans l’exercice de leurs responsabilités militaires. Il leur est opposé l’article 44 du statut général des militaires, qui prévoit la suspension immédiate d’un militaire en cas de "faute grave" .
Cette situation doit être "définitivement r églée dans un délai de quatre mois", à l’issue duquel l’intéressé peut être "rétabli dans un emploi de son grade, sauf s’il est l’objet de poursuites pénales" . Il s’agit d’une mesure "conservatoire" , précise un officier connaissant bien le dossier, mais qui est sans précédent "depuis au moins quinze ans".
Les faits reprochés aux deux officiers sont encore obscurs, mais tout montre que le commandement de "Licorne" est soupçonné d’avoir "couvert" un rapport biaisé des circonstances de la mort du dénommé Mahé. Le général Poncet, ancien commandant des Forces spéciales, même innocenté, aura du mal à effacer le stigmate de la condamnation implicite émanant du communiqué du ministère de la défense. L’homme est un officier assez rigide, peu enclin à communiquer. "Le courage et la détermination dont il a fait preuve en Côte d’Ivoire restent. On connaît tous les difficultés qu ’il a dû surmonter : c’est le troisième commandant de "Licorne" que l’on a vu revenir assez éprouvé par son passage en Côte d’Ivoire" , note un officier supérieur. Cette affaire intervient à un moment où la Côte d’Ivoire traverse une période très délicate, qui pourrait se traduire par des troubles à la fin du mois.

Laurent Zecchini - www.armees.com publie le 19 octobre 2005 (source Le Monde)

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