suspension général poncet

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Le Patriote explique le 20 octobre 2005 pourquoi la ministre Michele Alliot-Marie a estimé que c’était nécessaire de limoger les militaires.

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Suspension du général Poncet

Jeudi 20 octobre 2005

La ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a affirmé mercredi devant les députés que sa décision de suspendre le général Henri Poncet, soupçonné d'avoir couvert le meurtre présumé d'un Ivoirien alors qu'il commandait les forces françaises en Côte d'Ivoire, était une mesure "nécessaire".
"Si j'ai pris une telle décision conservatoire, c'est qu'elle apparaissait nécessaire au vu des premiers éléments résultant de l'enquête de commandement que j'avais demandée", a-t-elle expliqué lors de la séance de questions au gouvernement.
"Quelle serait notre crédibilité lorsque nous défendons nos militaires contre des accusations mensongères, si, lorsqu'il apparaît qu'il y a eu des comportements non conformes au Droit ou à nos traditions, nous n'avions pas le courage de prendre des mesures et de le faire publiquement", a ajouté Mme Alliot -Marie, en réponse à une question du président du groupe socialiste à l'Assemblée, Jean-Marc Ayrault.
"Ces mesures sont importantes pour l'image de nos armées et pour ce que fait la France en Côte d'Ivoire", a poursuivi le ministre.

Interrogée sur la présence de l'armée française en Côte d'Ivoire, elle a déclaré : "ce que fait la France en Côte d'Ivoire depuis le début, c'est d'abord de protéger nos ressortissants et les populations civiles contre des exactions et des massacres, c'est d'aider, avec les forces de l'ONU, à faire appliquer les accords qui ont été passés (...), qui impliquent qu'il y ait un désarmement des belligérants et que l'on puisse aller vers une solution politique se traduisant par des élections présidentielles claires et démocratiques". "Si nous n'étions pas là, l'ONUCI (ndr: Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire) ne serait pas là non plus et le résultat serait qu'il continuerait à y avoir ce que souhaitent les extrémistes des deux bords, c'est-à-dire des affrontements, des massacres, dont seraient victimes en premier lieu les civils, qu'ils soient étrangers ou ivoiriens. Oui, ce que nous faisons est utile, ce que font nos soldats dans des conditions difficiles est indispensable", a-t-elle conclu.

Les Soukhoï étaient "rattachés au premier cercle" de Gbagbo, selon le colonel Destremau Chef de corps du r égiment d'infanterie et de chars de marine (RICM), dont cinq soldats ont été tués dans le bombardement par l'aviation ivoirienne, le 6 novembre 2004, de la base française de Bouaké (Côte d'Ivoire), située dans le lycée Descartes, le colonel Patrick Destremau a été interrogé comme témoin, le 8 avril, par la juge Brigitte Raynaud.
Comme le rappelle un procès-verbal de synthèse établi par les gendarmes français le 19 décembre 2004, "à 13 h 40, le samedi 6 novembre 2004, deux avions clairement identifiés de type Soukhoï 25 des forces gouvernementales de Côte d'Ivoire (Fanci)" ont lâché plusieurs roquettes ("au minimum cinq" ) sur le lycée.
Pris en chasse par l'armée française, les deux avions que venaient de quitter leurs occupants furent détruits au sol peu après leur atterrissage sur l'aéroport de Yamoussoukro.
Questionné sur l'identité des occupants des Soukhoï, le colonel Destremau a évoqué des "militaires de race blanche, a priori des mercenaires, qui composaient les équipes techniques". "Les équipes de pilotage des deux avions étaient installées à l'hôtel Président de Yamoussoukro, qui abritait aussi des militaires des forces armées aériennes ivoiriennes, a-t-il déclaré. (...)
Pour résumer, les pilotes des deux avions étaient blancs, mais les équipes pourraient avoir été mixtes, c'est-à-dire que des Ivoiriens a priori militaires faisaient partie de ces équipes, - composées - d'un pilote blanc et d'un navigateur noir." Les Soukhoï étaient placés "sous le commandement du colonel Mangou, mais rattachés très étroitement au premier cercle du pouvoir autour du président ", selon le colonel, qui ajoute : "Car je pense que l'ensemble des missions était très étroitement contrôlé, mais aussi validé au niveau des objectifs fixés par ces personnes proches du président de la République, Laurent Gbagbo.
Le militaire a assuré ne pas avoir reçu "d'ordre personnel du général Henri Poncet – chef de l'opération Licorne – concernant l'arrestation éventuelle de ces deux pilotes dès leur retour à l'aéroport de Yamoussoukro. De toute façon, le lieutenant Bellamy, qui commandait l'emprise de Yamoussoukro, n'aurait jamais pris l'initiative d'arrêter ou d'interpeller les deux pilotes en question, car cela aurait eu une signification forte et aurait peut-être engendré un processus d'hostilité entre la France et la Côte d'Ivoire."
En revanche, le général Poncet a donné l'ordre que les deux avions soient détruits, je dirais environ trois quarts d'heure après l'attaque aérienne du lycée Descartes. "Je pense que c'est le Comair – le commandement des forces aériennes ivoirien – qui a récupéré les deux pilotes", a ajouté le colonel. En conclusion, le colonel Destremau a livré son "analyse personnelle" à la juge : "Je pense que les militaires ivoiriens avaient pour souhait de débloquer le processus politique, qui était dans l'impasse. Le but était de prendre Bouaké et de créer aussi un incident pour "choquer les acteurs" du processus politique."

Le Patriote - Le Patriote No. 1818 du Jeudi 20 Octobre 2005

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