frci côte-d'ivoire violation

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Les Forces Républicaines de Côte d'Ivoire (connues sous l'abréviation FRCI) qui constituent l'armée nationale, ont commis de multiples violations des

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FRCI Côte-d'Ivoire - Violation des droits humains

Mardi 20 novembre 2012

 

« Bien loin de la réconciliation »
Extrait du courrier de Human Rights Watch au gouvernement ivoirien

[…] Notre travail sur le terrain en Côte d'Ivoire a porté essentiellement sur la réponse des forces de sécurité ivoiriennes aux attaques contre les militaires en août dernier. […] Malheureusement, les forces de sécurité, et en particulier certains membres des Forces républicaines, ont répondu à ces menaces par une myriade de violations des droits humains.
Nous nous sommes entretenus avec plus de 50 personnes à Abidjan et à Dabou qui ont fait l'objet d'arrestations et de détentions arbitraires. Bon nombre d'entre elles ont subi des traitements cruels et inhumains alors qu'elles étaient détenues dans des camps militaires, y compris le camp de la police militaire à Adjamé, l'ancien camp de la Brigade anti-émeute (BAE) à Yopougon et le camp militaire de Dabou.

La grande majorité des personnes interrogées par Human Rights Watch étaient des civils, pour lesquels le principe de détention dans un camp militaire est contraire à la loi ivoirienne et au droit international. Au camp militaire d'Adjamé, sous la supervision de Kone Zakariah, Human Rights Watch s'est entretenu avec cinq anciens détenus qui ont été victimes de tortures. Ceux-ci ont décrit avoir été battus sauvagement à coups de fusils, de poings, de ceintures et d'autres objets, alors que des membres des Forces républicaines au camp exigeaient d'eux qu'ils signent des confessions ou qu'ils divulguent des informations sur la localisation d'armes.
Sur les cinq victimes interrogées, trois étaient des civils et deux étaient des militaires qui sont restés dans les Forces de défense et de sécurité (FDS) de Gbagbo pendant la crise. Ces détenus ont affirmé avoir vu d'autres personnes victimes de mauvais traitements graves dans leur cellule. Les détenus ont aussi décrit des conditions horribles de confinement, ils racontent notamment avoir été forcés comme châtiment de rester dans une pièce pleine d'excréments, avoir été enfermés dans des pièces tellement surpeuplées que les détenus ne pouvaient pas s'allonger et avoir reçu des quantités d'eau et de nourriture insuffisantes au point que certains détenus ont commencé à délirer.
Dans l'ancien camp de la BAE à Yopougon, Human Rights Watch a documenté un va-et-vient quasi quotidien de détenus conduits au camp lors d'arrestations massives dans le voisinage. Human Rights Watch a interrogé les résidents de Yopougon qui ont été arrêtés à leur domicile, alors qu'ils mangeaient dans un maquis, qu'ils étaient avec des amis dans un bar, qu'ils rentraient chez eux après la messe, qu'ils se déplaçaient en taxi ou en bus, ou alors qu'ils assistaient à des funérailles.

Ces arrestations sont principalement survenues dans les zones supposées pro-Gbagbo de Yogoupon et semblent souvent avoir été effectuées largement sur la base de l'ethnicité et de l'âge des personnes. Les détenus et les autres témoins ont indiqué que souvent 20 personnes ou plus étaient arrêtées en même temps. Aucune d'entre elles n'était informée des possibles allégations, et encore moins d'un mandat d'arrêt, à son encontre. Après avoir été conduits au camp de la BAE, les détenus étaient fréquemment soumis à des traitements cruels et inhumains, y compris des coups, des cellules surpeuplées obligeant les personnes à dormir à l'extérieur, la privation de nourriture, d'eau et de sommeil.
Nous avons aussi documenté une tendance inquiétante de comportements criminels de la part des forces de sécurité. Les victimes et les résidents du voisinage ont décrit comment, pendant les fouilles des domiciles, les membres des Forces républicaines volent souvent des téléphones portables, des ordinateurs, de l'argent et des bijoux. Les détenus ont aussi expliqué comment la réponse à la menace pour la sécurité a dévié vers une pratique d'extorsion généralisée : presque toutes les personnes détenues dans le camp de la BAE ont expliqué avoir été obligées de payer une somme d'argent considérable aux Forces républicaines en échange de leur libération. Les sommes d'argent demandées variaient de 10 000 francs CFA à plus de 150 000 francs CFA.

Étant donné que les témoins ont fréquemment identifié les officiers qui commandaient dans les camps alors que ces abus se produisaient et que les abus se sont poursuivis sur un schéma similaire pendant au moins quatre semaines, nous pensons que les commandants de ces camps avaient au moins connaissance des abus continuels et n'ont pas agi pour y mettre un terme. Les abus au camp militaire de Dabou étaient semblables à ceux commis dans le camp de la BAE, ce qui n'est sans doute pas surprenant étant donné que les deux camps étaient supervisés par le même commandant : Ousmane Coulibaly, également surnommé « Ben Laden ».
Nous constatons avec inquiétude que Coulibaly a été récemment promu à la fonction de préfet de San Pedro. Sa promotion est intervenue deux semaines après que Human Rights Watch a présenté au ministre de l'Intérieur et au ministre des Droits de l'Homme ses conclusions qui impliquaient directement Coulibaly dans la supervision des arrestations et des détentions arbitraires massives, des traitements cruels et inhumains en détention et de l'extorsion généralisée à l'encontre des détenus en échange de leur libération. Coulibaly a aussi été cité par Human Rights Watch comme ayant joué un rôle de commandement dans les crimes de guerre commis pendant la bataille pour Abidjan en avril et mai 2011.

En 2009, le Département d'État des États-Unis a mentionné Coulibaly dans son rapport annuel sur les droits humains, en notant que son aide de camp a pris part à des actes de torture sans sanction de la part de Coulibaly. Ses forces ont également été impliquées dans des crimes graves pendant le conflit armé de 2002-2003.

Malgré son implication répétée dans des violations graves des droits humains par des groupes indépendants, il a été promu par le gouvernement et ce, pour superviser l'une des régions les plus tendues du pays, étant donné les rumeurs persistantes de possibles attaques sur cette région par les militants pro-Gbagbo. Sa promotion nous semble particulièrement préoccupante en raison des engagements du gouvernement ivoirien pour une justice impartiale et une armée respectueuse de la loi.

Pour terminer, des personnes travaillant dans le secteur du transport ont fait part à Human Rights Watch de leur frustration avec le retour d'une extorsion endémique organisée par les forces de sécurité aux points de contrôle.
Dans une publication datant de septembre 2011, Human Rights Watch félicitait le gouvernement Ouattara pour ses efforts visant à mettre fin au fléau de l'extorsion aux points de contrôle. Nous reconnaissons que le problème est bien antérieur à l'arrivée du gouvernement Ouattara et que le gouvernement actuel s'était efforcé de s'attaquer en priorité à ce problème d'une manière qui a apporté des résultats clairs et a été accueillie favorablement par les Ivoiriens. Cependant, il apparaît que l'évolution s'est largement inversée aux lendemains des attaques d'août. Plusieurs hommes d'affaires impliqués dans le secteur des transports ont raconté qu'ils avaient cessé leur activité de transport de marchandises pour le moment parce que l'extorsion était trop onéreuse po ur réaliser un bénéfice."

Human Rights Watch

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